CES BIODECHETS QUI PRODUIRONT DE L’ENERGIE

Article extrait des DNA du 15 novembre 2011


En août, le lycée d’Obernai sera le deuxième en France à avoir son unité de biogaz. La quantité d’électricité et de chaleur qu’elle produira en un an émettrait 1 000 tonnes de C02 si elle était tirée du pétrole.

L’unité de méthanisation prendra place à l’arrière du lycée agricole, juste à côté des bâtiments d’élevage. Le coût du projet dépasse les deux millions d’euros.

Faites chauffer à un peu plus de 40° du fumier, du gazon, de l’huile de friture et des restes de cantines : vous aurez de l’électricité et un important dégagement de chaleur. C’est, en résumé, le principe selon lequel fonctionnera l’unité de méthanisation du lycée agricole, dont les travaux doivent commencer le 1er février. Le dossier administratif est en voie de finalisation.

« La qualité du tri sera fondamentale »

Ce projet a été pensé et suivi par Freddy Merkling, directeur de l’exploitation agricole du lycée, qui a visité de nombreuses installations de ce type en Allemagne. Outre-Rhin, il y en a près de 6 000. En France, le concept commence à peine à décoller. La première vraie usine de biogaz alsacienne doit ouvrir dans les prochains jours à Ribeauvillé. Celle d’Obernai, beaucoup plus petite, est la deuxième à ouvrir en France dans un lycée agricole (*).

La production devrait commencer en août. Sur une année, 8 000 tonnes de biodéchets seront ingurgitées par un digesteur rempli de gourmandes bactéries qui les transformeront en gaz. « Il faut bien expliquer qu’il est exclu de traiter des boues de stations d’épuration ou d’autres déchets dangereux », insiste Freddy Merkling pour dissiper les craintes (lire ci-contre).

Le lycée agricole fournira lui-même une bonne partie de la matière avec le fumier des 240 bovins du lycée, des cultures énergétiques à croissance rapide plantées après le blé (sorgho, millet) et les restes alimentaires de sa cantine. Les déchets de l’abattoir de Holtzheim seront une autre source majeure, les matières grasses de l’usine agroalimentaire voisine de Stoeffler seront récupérées.

Mais le lycée songe à compléter son approvisionnement avec les tontes de gazons, les feuilles (mais pas les branches !) et les huiles de fritures des particuliers, qui seraient récupérées par la communauté de communes. « La qualité du tri sera fondamentale », prévient Freddy Merkling, qui réfléchit aussi à collecter les restes des restaurants et des cantines des lycées et des entreprises d’Obernai.

Le biogaz brûlé dans le cogénérateur de 170 kilowatts servira à produire de l’électricité — vendue entre 16 et 17 centimes le kilowatt — et de la chaleur. Celle-ci sera utilisée en interne, mais elle servira surtout à produire quasiment toute l’eau chaude nécessaire à Stoeffler. « Si on devait fabriquer cette même quantité d’énergie en un an avec du pétrole, on en consommerait 36 tonnes qui émettraient 1 000 tonnes de CO2 », avance Freddy Merkling. Selon Electricité de Strasbourg, la seule production électrique de l’installation équivaut à la consommation de 140 Français.

Ce projet, porté par l’exploitation du lycée, coûtera : 2,1 millions d’EUR, subventionné à près de 40 %. L’Etat finance 375 000 EUR, la Région et les fonds Feder de l’Union européenne couvrent ensemble 350 000 EUR, la Ville et la communauté de communes mettent 50 000 EUR chacune.

Guillaume Muller (*) À Obernai, Kronenbourg dispose depuis plusieurs années déjà d’une unité de biogaz. Celle de la station d’épuration du Sivom du Bassin de l’Ehn, située entre Meistratzheim et Krautergersheim, devrait démarrer en décembre ou en janvier. Elle sera alimentée par les boues d’épuration et les jus de choucroute. Sa puissance est de 190 kilowatts.

(*) À Obernai, Kronenbourg dispose depuis plusieurs années déjà d’une unité de biogaz. Celle de la station d’épuration du Sivom du Bassin de l’Ehn, située entre Meistratzheim et Krautergersheim, devrait démarrer en décembre ou en janvier. Elle sera alimentée par les boues d’épuration et les jus de choucroute. Sa puissance est de 190 kilowatts.

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Maire d’Obernai, Pdt du CDC du pays de Ste-Odile Vice-Pdt du Conseil Départemental du Bas-Rhin

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